Peut-on apporter une explication logique à la procrastination ?

Publié le 29 août 2018 dans Actualités

La procrastination est apparue récemment dans le dictionnaire, mais elle semble nous accompagner depuis des lustres. Sans doute, avons-nous tous connu ce sentiment de remettre à demain ce que l’on doit faire aujourd’hui.

Dans la plupart des cas, cela revient même sans cesse, au point de devenir une habitude. À première vue, on peut justifier la procrastination par la flemme générale d’accomplir quoi que ce soit. Mais, apparemment, elle peut également s’expliquer de manière scientifique.

La procrastination est liée à la taille du cerveau

La procrastination et la taille du cerveau

Une étude publiée le 17 aout 2018 révèle un fait fascinant sur la procrastination. D’après les recherches, ce sentiment de remettre à demain les choses que l’on peut faire aujourd’hui serait lié à la taille et au fonctionnement de notre amygdale, une partie du cerveau qui gère les émotions, comme la peur, l’anxiété et le désir. L’expérience a été menée sur 264 personnes. À l’issue de celle-ci, les scientifiques ont constaté que les individus qui ont une amygdale plus volumineuse sont les plus enclins à procrastiner.

Ils ont trouvé des explications logiques à cette situation. En effet, lorsqu’on n’arrive pas à prendre une décision rapidement, cela pourrait trouver sa source dans notre histoire. En d’autres termes, lorsqu’on a commis des erreurs dans le passé, on voudrait toujours attendre pour décider de l’avenir et d’éviter ainsi que les mêmes problèmes n’arrivent encore. Cela expliquerait le sentiment d’hésitation, d’indécision, de doute et de peur.

En outre, chez les procrastinateurs, l’amygdale n’arrive pas à se connecter rapidement avec le cortex cingulaire antérieur dorsal. Pourtant, nous savons très bien que ce dernier joue un rôle primordial dans la prise des décisions, la détection des erreurs, l’exécution des actions concrètes, et dans la régulation des émotions. Donc s’il met du temps à traiter les informations données par l’amygdale, la personne aura plus tendance à procrastiner que les autres. Dans tous les cas, d’autres études sont encore en cours à ce sujet. Cela pour dire que la procrastination intéresse beaucoup les scientifiques.

Un dilemme interminable entre la raison et l’instinct

dilemme entre la raison et l’instinct

D’après ce que l’on a pu comprendre à la suite d’une étude scientifique et psychologique, la procrastination serait liée à un combat interne entre deux zones du cerveau. Il s’agit généralement du système limbique et du cortex préfrontal.

Le premier est responsable de la plupart de nos comportements instinctifs, comme la survie, la récompense, la peur… C’est cette petite voix intérieure qui nous rappelle de profiter du moment présent, surtout lorsqu’on fait face à des situations douloureuses, compliquées ou stressantes. Du coup, si on décide de l’écouter, on finit par négliger ce que l’on veut dans le futur, pour laisser place à des plaisirs du moment.

Le cortex préfrontal nous permet par contre de prendre des décisions rationnelles, organisées et pertinentes. D’après les scientifiques, il fait partie des zones du cerveau les plus développées chez le genre humain, ce qui nous amène à dire qu’il fait de nous des hommes raisonnables et différents des animaux. En terme pratique, il se manifeste par cette petite voix qui nous invite à réaliser nos objectifs, même si cela est parfois très fastidieux. Et lorsque l’on décide de le suivre, nos rêves et nos désirs les plus profonds deviennent réalités.

Un sentiment de mal-être

sentiment de mal être

Même si la procrastination permet d’accomplir certaines tâches plus rapidement, elle n’est pas une bonne chose à long terme. Déjà, elle provoque un sentiment d’angoisse, de stress et de crispation. En effet, si l’on décide par exemple de regarder une vidéo sur YouTube au lieu de travailler sur un projet déterminé, alors on peut dire que la procrastination nous a atteints. Mais, il faut savoir que ce petit lot de plaisir n’est pas permanent. Après l’avoir visionné, le poids de la culpabilité nous rattrape rapidement. C’est un sentiment amer difficile à expliquer.

Généralement, elle est semblable à une boule de bowling que l’on tient dans nos mains, et que l’on a du mal à se débarrasser. Ainsi, pour s’en extirper, on se met tout de suite au travail à la dernière minute. À ce moment-là, on est sous la pression de la panique.

Ce sentiment de culpabilité peut être productif, mais il n’est pas suffisant pour nous permettre de réaliser l’objectif que l’on avait décidé d’atteindre. Au contraire, sous l’emprise de l’angoisse, de la pression et du stress, elle provoque un sentiment de mal-être. Chez les étudiants, elle est la première source de dépression et de surmenage.

C’est la raison pour laquelle, la procrastination doit être évitée à tout prix. Pour cela, il faut essayer de dire non à certains instincts primitifs qui nous incitent à nier la voix de la raison. C’est certainement plus facile à dire qu’à faire, mais comme les scientifiques le disent eux-mêmes, la procrastination est une tare qu’il est tout à fait possible d’éviter, avec beaucoup de volonté !

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